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Le lever du soleil de demain

May 15
6 min read

Nous voulons tous connaître le secret du bonheur et du succès. Dans un monde où nous luttons sans cesse pour trouver notre raison d’être et la nécessité de gagner notre vie, il est facile de se sentir désorienté et de perdre espoir.


Avant toute chose, permettez-moi de préciser que je ne peux pas vous dire comment y parvenir. Je m’excuse si cela vous déçoit. Mais la vérité, c’est que je lutte moi-même contre l’épuisement et la frustration (presque) tous les jours. Nos préoccupations en tant qu’êtres humains sont bien réelles : non seulement il nous faut mettre de la nourriture sur la table et payer toutes nos factures, mais en plus, il nous faut mener une vie épanouie, pleine de sens et d’espoir, et que nous fassions une différence dans le monde. (Hum, quand et comment exactement ???)


Nous voulons tous atteindre le « succès », mais savons-nous vraiment ce que cela signifie ? C’est une question que je me pose sincèrement et à laquelle je n’ai pas de réponse. Nous rêvons de quelque chose que nous ne savons même pas définir. Je pense que c’est la clé pour maintenir les êtres humains dans la confusion et les piéger dans le cycle sans fin de l’épuisement et de l’insatisfaction.


Cela fait plus d’un an que je n’ai pas le temps (ou devrais-je dire, que je n’ai pas consacré de temps) d’écrire un article sur mon blog. Je suis coincée dans une boucle depuis 14 mois. Tous les jours se ressemblent presque. Je suis toujours occupée et épuisée, et pourtant j’ai l’impression de n’avoir rien accompli. J’ai consulté mon agenda avant de commencer à écrire cet article et j’ai passé en revue les activités de cette dernière année. J’ai été surprise de voir qu’il y avait très peu de choses notées dans mon agenda. Un rendez-vous chez le médecin par-ci, une réunion du club de lecture par-là… un cours par-ci, un film au cinéma par-là… Je me suis assise un instant et j’ai réfléchi à tout ça. Si quelqu’un qui ne me connaît pas trouvait mon agenda par terre sur le trottoir et y jetait un coup d’œil, il penserait probablement que j’ai la vie la plus ennuyeuse du monde. Pourtant, cela ne reflète pas ce que je ressens au quotidien. Pour vous donner un peu de contexte, j’ai commencé à boire deux tasses de café par jour après n’avoir pas touché à la caféine depuis plus d’une décennie…


Mais, même si ma vie ÉTAIT ennuyeuse, serait-ce vraiment grave ? J'aime bien réfléchir souvent aux circonstances auxquelles les gens sont souvent confrontés dans ce monde. Tant dans les bonnes que dans les mauvaises situations. Je pense aux gens riches, à ceux qui semblent tout avoir. À ceux qui voyagent à travers le monde et mènent des vies passionnantes et luxueuses, et je me demande… que leur manque-t-il dans la vie ? À quoi pensent-ils, puisqu’ils n’ont pas à se soucier de payer leurs factures, leur nourriture ou leur hypothèque ? Je pense que la réponse la plus probable est que ces personnes sont si puissantes et riches que la seule chose à laquelle elles peuvent penser, c’est comment devenir encore plus puissantes et riches. La cupidité est leur motivation, et cela me semble être une vie misérable.


Et puis je pense aux personnes qui se trouvent à l’autre bout du spectre, celles qui ont perdu leurs proches et leur maison, celles qui dorment à même le sol, celles qui n’ont pas d’eau potable à boire ni de nourriture convenable à manger, que ce soit à cause des guerres, de la pauvreté ou de toutes ces choses horribles et cruelles qui se produisent sur notre planète. Je pense à ce qu’elles ressentent, à ce qui leur passe par la tête, à ce qu’elles désirent et à ce qu’elles demandent chaque jour et chaque nuit. Ça me brise le cœur.


Alors… j’ai réfléchi…


Au cours des 14 derniers mois, je me suis consacrée à mes bébés et à mon mari, j’ai pu continuer à poursuivre mon rêve d’obtenir des certifications dans d’autres langues pour les utiliser à un niveau professionnel, j’ai passé du temps avec les personnes que j’aime et qui m’aiment, j'ai voyagé, j'ai investi dans mon foyer et j'ai rénové ma maison, j'ai travaillé et gagné de l'argent et j'ai fait avancer ma carrière (même si certaines personnes pensent que je ne suis « qu'une simple » traductrice indépendante).


Oui, il y a des jours où je me sens abattue, fatiguée, improductive, frustrée et triste. J'ai parfois l'impression d'avancer trop lentement vers mes objectifs, mais un progrès graduel reste un progrès. Je pense souvent de ne pas pouvoir m’occuper de toutes les tâches ménagères, mais j’arrive toujours à passer du temps de qualité avec mes enfants. Je crois aussi souvent de ne pas gagner assez d’argent pour faire face à l’augmentation du coût de la vie, mais j’ai un mari qui ne laissera ni moi ni nos bébés souffrir de la faim.


L'autre jour, je discutais avec quelqu'un de la maternité et des vocations. Nous parlions du fait que tout le monde sait qu'être mère, c'est comme avoir deux emplois à temps plein, et qu'il est vraiment difficile de trouver l'équilibre entre être une « bonne mère » et ne pas perdre tous les aspects de notre identité dans le processus. Cette personne m’a dit quelque chose qui a changé ma perspective non seulement sur la maternité, mais aussi sur la vie en général. Elle m’a dit que le cerveau des enfants n’est capable que de vivre l’instant présent. Ils ne pensent pas à ce qui s’est passé hier, ni ne se demandent ce qui se passera demain. En tant qu’adultes, nous voulons que tout soit « fini » : nous voulons le dîner prêt, la vaisselle propre, le linge plié et le lit fait. Et cela ne s’arrête pas là. Nous voulons des comptes en banque bien garnis, des mariages parfaits, des carrières prestigieuses et des retraites luxueuses. Nous ne profitons pas de ce qui se passe pendant que nous atteignons tout cela, et cela nous importe peu, mais ce qui se passe pendant ce temps-là, c’est notre vie. Quand un enfant joue avec de la farine, il ne pense qu’à la farine ; il ne se soucie pas du temps qu’il faudra pour faire des pâtes avec cette farine, ni du goût de ces pâtes. Ils vivent l’instant présent, et c’est pourquoi le rire d’un enfant est sincère et ses larmes sont réelles. C’est parce que le MAINTENANT est la SEULE chose qui compte et le présent c'est TOUT pour lui.


J’ai réfléchi à cela et je l'ai trouvé magnifique. Ça a changé la façon dont je vois mes enfants et moi-même. Je m’identifie à tant de mères qui ont l’impression qu’il n’y a pas de bonne réponse. Les mères qui choisissent de rester à la maison ont le sentiment d’être improductives sur le plan professionnel, et celles qui décident de travailler ont l’impression de ne pas remplir leurs devoirs de mères. Je ne suis pas là pour dire aux femmes ce qu’elles doivent ou ne doivent pas faire. Nous sommes en 2026, les femmes devraient pouvoir faire ce qu’elles veulent sans être jugées. Mais, quelle que soit leur décision, elles doivent simplement s’efforcer de donner le meilleur d’elles-mêmes. Si elles sont au travail, elles doivent profiter de leur emploi et ne pas s’inquiéter de ce qui se passe à la maison. Et si elles sont à la maison, elles doivent profiter de leur famille et ne pas se demander ce qui se passe au-delà de leur foyer.


Adopter cette attitude m’a fait réaliser que mener une vie « normale » et « ennuyeuse » (ce qui semble être mon cas, à en juger par les petites notes sur des activités banales qui remplissent mon agenda) est une véritable bénédiction. Cela m’a aidée à vivre l’instant présent avec et aux côtés de mes bébés. Quand j’ai du travail, je reste éveillée tard après les avoir couchés et j’apprécie mon travail ainsi que le salaire que je gagne. Quand je n'ai pas de travail, j'aime me coucher à la même heure que mes enfants pour avoir de l'énergie le lendemain et les emmener au parc ou à la bibliothèque.


Je sais aussi qu'il y a des femmes qui n'ont pas d'autre choix. Certaines n’ont pas les moyens d’être sans emploi, tandis que d’autres vivent dans des situations qui les empêchent de sortir de chez elles. Et c’est à ces femmes que je dédie mon cœur, profondément et sincèrement. Tout ce que je peux dire, c’est que travailler est une bénédiction, et rester à la maison est une bénédiction. Ces deux rôles ont un but, et j’espère que cela leur apportera un peu de paix..


Je sais que je suis immensément bénie, et le plus incroyable, c’est que je sais que je n’ai rien fait pour mériter ces bénédictions. Tout ce que je peux faire, c’est glorifier le Seigneur, Lui être éternellement reconnaissante, et Le lui montrer en m’efforçant de vivre dans le présent et d’en profiter au maximum, que je voie ou non le lever du soleil demain.

 
 

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